Le village de Montarcher est construit à une altitude de 1161 m. sur un point culminant, isolé, près de la source de l'Andrable. La vue embrasse des régions boisées dominées par les monts du Forez et du Velay. Par beau temps, la vue s'étend jusqu'au mont Gerbier de Jonc et au mont Blanc. Ce pic granitique se voit de très loin et sa silhouette est d'un effet grandiose à l'horizon. Malgré ce site particulier et le climat rude, le piton a toujours été occupé en raison de sa position de défense, que l'on retrouve dans son nom : Le Mont des Archers.

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Montarcher est cité en 1167, dans l'hommage de Guigue, Comte de Lyon et de Forez. Les maisons de Châtillon, de Roche-Baron et de Crémaux possédèrent Montarcher au Moyen-âge. Il passa, ensuite aux mains de la famille d'Apinac puis à la famille Vincent (1750) qui résidait au château de la Marandière. Avant la révolution, le village était compris dans le Comté de Forez mais dépendait au spirituel, des évêques du Puy.

Montarcher

L’histoire locale de Montarcher est relativement bien connue grâce au curé Claude Ferrier qui, dès 1469, tiendra des registres paroissiaux, les plus anciens de France (à quelques mois près derrière celles de Givry). Ces archives relatent autant les événement religieux (baptêmes, mariages..) que des événement climatiques (pluies torrentielles..) ou catastrophiques (tremblements de terre..).

Le territoire de la commune est traversé par la voie de pèlerinage médiévale vers Saint-Jacques-de-Compostelle, devenue aujourd’hui le GR3.

Visite montarcher

Une pierre particulière est bâtie en remploi dans un mur : un jeu du moulin ou de marelle.

En faisant la balade essayez de la trouver !!

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1. Croix Ferrier

Sur le préau, lieu de marché médiéval est plantée une croix en pierre en l’honneur de l’Abbé Ferrier : 1494, MC.FERRIER. Le fut rond et conique est coiffé d’un chapiteau circulaire orné de deux blasons. Sur le côté nord du croisillon est gravé le symbole IHS. Lors d’un décès dans le village une lanterne était accroché au croisillon.

Croix ferrier

2. Suivre le chemin qui contourne le pic de Montarcher et suit l'ancienne enceinte gauloise et médiévale, que l'on devine. Le paysage des Monts du Forez se développe dans toute sa splendeur.

Les flancs de la montagne sont, à l'est littéralement recouverts de gros blocs, d'un granit tendre et effrité, entassés en un désordre les uns sur les autres, comme les ruines d'un gigantesque rempart. Il ne faut voir dans ce chaos qu'un fait géologique fréquent dans notre région, les chiras. La plupart résultent de l'action de la dernière glaciation terminée, il y a 10 000 ans. Notre région se situait au dessous des glaciers, dans un secteur glacionival et périglaciaire supérieur. Le gel et le dégel déchaussaient des blocs anguleux, mais la température restait trop basse pour qu'il se forme beaucoup d'arènes.

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3. Ancien cimetière

L'ancien cimetière était enfermé dans la première enceinte. Pierres tombales dont l'une du XIII° siècle sculptée d'une grande croix entre deux écusson. Une vieille légende disait que cette pierre appartenait aux templiers.

Pierre tombale

4. Le château féodal construit au XI et XII° siècle a malheureusement beaucoup souffert et peu de restes sont parvenus jusqu'à nous. Le plus bel élément conservé est la porte fortifiée de l'enceinte intérieure. La porte en arc brisé mesure 2,50m de haut sur 2 m de large elle est surmontée d'une archère (70 cm de haut). Une première porte semblable se trouvait une dizaine de mètres plus bas, liée à la première enceinte. Un chemin d'accès pavé passait sous ces portes et descendait vers la vallée. C'était l'entrée principale du château, mais la pente très raide et l'étroitesse des portes réservait cette entrée aux piétons et aux cavaliers. Une autre porte au nord servait aux chariots.

Porte de ville

5. Nous suivons toujours l'enceinte médiévale, mais là elle s'est appuyée sur des fortifications plus anciennes : muraille en pierre brutes, certaines sont d'un volume et dimension colossales. Parfois ce mur atteint une épaisseur de 3m. Un peu en dessous, sur les pentes, bien exposées au sud, à l'abri des vents, on découvre les ruines d'étranges petites cases de forme carrée.

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6. Grotte avec une vierge, XIX° siècle

Le curé de l'époque, voulant surement attiré des pèlerins, a creusé pour capter la source qui se situe au-dessous : ce fut un échec total. Située près des maisons gauloise, la source intarissable, était recueillie dans un petit puits en pierre. Dans celui-ci fut récupéré 7 petites pierres, ayant le pouvoir de guérir les maladies des yeux. Conservées par les curés successifs, 2 d'entres elles connurent le XX° siècle, mais furent égarées par un enfant turbulent.

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7. Soubassement d’une  tour

Vestige tour

8. Eglise

Ancienne église castrale, l’édifice était accolé à l’enceinte intérieure. Le chœur de style roman-byzantin est daté de la fin du XII° siècle. Il est semi-circulaire, voûté en cul-de-four et décoré des trois arcades en plein cintre reposant sur des colonnettes. La nef et les deux chapelles sont du XV° siècle. Celle de droite porte à sa clef de voûte le blason de la famille Rochebaron. Le clocher de forme carré fut ajouté au XVI° siècle. Dans la chapelle de gauche se trouve la tombe de l’Abbé Ferrier le représentant finement dessiné revêtu de la dalmatique avec l’inscription : HIC jacent presbiterii in pace, 1497, MC Ferrier. Sur la façade méridionale se trouve le porche du XVI°s. Il est précédé d'un escalier de 12 marches en forme de fer à cheval. Il est couvert d’une arcade formant une voûte, abritant un soubassement de granit servant de siège aux paroissiens et aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle faisant halte à Montarcher.

Eglise2

 

Le porche de l’église abrite une statue de 48 cm de haut, assez originale, d'une vierge donnant le sein à deux enfants. Déesse-mère, sûrement d'origine celtique, ce qui expliquerait son emplacement hors l'église.

Deesse

Découverte dans le bâtiment abritant la mairie, l’emplacement original de cette statue reste un mystère. Deux hypothèses sont émises :

-Les gaulois édifiaient des tumuli, sur des limites, sous la protection de la déesse-mère. Le village d'Egarande, dont le nom signifie limite d'eau, se situe tout près.

-Le site de Montarcher pouvait abriter un lieu de culte dédié à la déesse-mère, maintenu au travers de la nouvelle église consacrée à la Vierge.

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Le jeu du moulin ou marelles est connu depuis l'Antiquité. Au Moyen-Age, placé sur les coussièges des forteresses, il permettait de surveiller les alentours tout en passant le temps agréablement.

Dans la Loire-Département, 11 pierres de ce type ont été repérées et relevées. 6 d'entre-elles sont gravées sur des rochers (pierres-des-bergers).

Emplacement jeu

Localisation de la pierre

 

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