Le chatiau de la vieu

 

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Située dans les Monts du Forez, sur un piton rocheux de 701 mètres, escarpé sur trois côtés, Lavieu est la plus petite et la moins peuplée des communes du canton de SaintJean-Soleymieux.

Le village s’est développé sur le versant le moins abrupt et le plus protégé du froid, au sud de l’éminence qui le domine. Le caractère du site a favorisé l’installation des hommes depuis longtemps, car les possibilités de défense en font un site privilégié.

Même si de la forteresse comtale, il ne reste que quelques rares vestiges : fragments de mur, puits, maisons…, le pittoresque village de Lavieu mérite le détour. Au promeneur de découvrir à son gré ces vestiges en cheminant le long des sentiers qui suivent les anciens remparts.

 

La vignette de l’Armorial

 Le château composé d’un donjon quadrangulaire, surmonté d’une bannière aux armes des ducs de Bourbon, occupe le centre du site et le bourg castral, clos d’une enceinte, s’est développé autour de celui-ci. L’ensemble est vu depuis le sud-est.

 Le donjon est un haut bâtiment carré à quatre niveaux, couronné de créneaux. Les deux faces  visibles, présentent chacune quatre ouvertures : à l’ouest, au niveau supérieur, deux baies à meneau et traverse et, à un niveau inférieur, deux fenêtres à simple traverse ; à l’est, deux petites ouvertures quadrangulaires surmontées par deux baies à simple traverse.

Une large enceinte crénelée, de forme ovalaire, enserre le bourg castral. Cette enceinte est cantonnée de plus d’une douzaine de tours, de hauteur variée, circulaires, crénelées, et percées d’au moins deux archères à leur base.

La muraille comporte deux portes en arc plein-cintre : à l’est, une haute et étroite tour-porte carrée à mâchicoulis, munie de deux archères à sa base et couverte d’une toiture à quatre pans, surmontée d’une bannière ornée du dauphin des comtes de Forez. A l’ouest, la porte ménagée directement dans le rempart est précédée d’une petite barbacane quadrangulaire, percée d’archères.

Le bourg castral présente une occupation dense, près d’une trentaine de maisons y sont figurées. Elles possèdent, en règle générale, une porte et une fenêtre à meneaux sur le mur pignon, deux fenêtres plus petites sur le mur gouttereau et, sur le toit à deux pentes, une cheminée, d’un type classique à la fin du Moyen Age.

L’église n’est pas visible, peut-être est-ce dû à sa situation très en arrière du donjon, à l’est ou plus probablement son peu d’intérêt dans le paysage. Hors de l’enceinte, au sud, se développe un important faubourg bordant la route qui démarre de la grande porte et se dirige vers le sud.

Revslava 

Le chatiau de la vieu, Armorial de Revel, 1452

En parcourant les 2 chemins du bourg, vous suivrez les tracés de l’ancienne forteresse pour arriver sur la place de l’église où se déroule un panorama vertigineux sur les ravins de la Curraize. Les maisons du bourg possèdent encore des éléments architecturaux anciens. A vous de les découvrir, tout en respectant leur caractère privatif.

Lavieu 1

Visite du site

Visite

1. tracé probable de la 1ère enceinte

2. tracé probable de la 2ème enceinte

3. chemin ancien en partie dallé signalant l’accès à une porte

4. porte charretière et porte piétonnière signalant l’accès à une porte

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5. bloc de maçonnerie, vestige d’une porte

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6/7. vestiges de murs avec parement

8. vestige de tour en demi-cercle

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9.  puits

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10. microrelief, vestiges d’habitations

11. éminence basaltique où se dressait le donjon

Sommet

12. croix XVIème et église saint Jacques en partie romane

Ensemble

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13. cimetière et croix XVIème.

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L'histoire de Lavieu en quelques dates

· 26 février 1153 : Lavieu apparaît pour la première fois dans une bulle du pape Eugène III adressée à Guichard, abbé d’Ainay, par laquelle il confirme à son monastère le patronage d’un certain nombre d’églises dont celle de Lavieu. Dédiée à saint Jacques le Majeur, elle figure dans le pouillé de 1225.

· 1167 : Guigue, Comte de Forez, fait hommage à Louis VII, Roi de France, de plusieurs châteaux dont celui de Lavieu ; il s’agit donc d’une châtellenie comtale. Les pouvoirs de justice étaient détenus par le capitaine châtelain, agent comtal nommé par le comte. Il collectait aussi les différents impôts et revenus pour son suzerain. Le registre des nominations des officiers du Comte de Forez, nous livre les noms de différents Capitaines châtelains nommés à Lavieu entre 1317 et 1786. Certains, comme Jean Maréchal en 1333 ou Antoine de Sugny en 1528, sont des personnages illustres de la noblesse forézienne ou issus de grandes familles. Le territoire de la châtellenie de Lavieu englobait la totalité du canton de Saint-Jean-Soleymieux tout en débordant allègrement sur les cantons et départements voisins.

· 20 octobre 1330 : Dinot de La Bâtie vend au comte de Forez, pour 500 livres viennoises, sa maison située « auprès » du château de Lavieu.

· 1349 : une sentence arbitrale est rendue entre le précepteur des maisons de Saint-Jean-de-Jérusalem de Chazelles, de Montbrison et de Verrières et le châtelain de Lavieu, représentant le comte de Forez, au sujet de l’érection d’un pilori au pont de la Crusille et de la juridiction que chacune des parties prétendaient avoir sur les manses de Chassagneu et de Sauvazon.

· 1394 : terrier de la châtellenie de Lavieu

- le château est entouré de fossés, « Pierre Gay pour sa maison contre le fossé du château ».

- la porte principale est située à la jonction de la voie allant à Montbrison et du chemin desservant l’église.

- l’existence d’un puits et d’un lieu appelé le marché, « Al Marchier », près du puits au nord.

- un four est installé près du jardin de la châtellenie, « super furno et fornagio ville Laviaci ».

- à l’ouest, la présence d’un colombier est citée, « Pierre Gay pour jardin près du colombier au soir ».

- l’existence de nombreuses maisons et bâtiments, leur position est difficile à retrouver avec précision au sein de l’ensemble.

- il existe plusieurs moulins, sans précision sur leurs statuts, banaux ou bastards, vers « la Pinatelle », le moulin de « Grata » ou de « Pélardy » ; ces deux derniers moulins étant situés hors de la commune actuelle de Lavieu.

· 1665 : dans l’état des lieux général des châteaux foréziens, on y apprend que « led(it) chasteau entièrement desmoly despuis la fin du dernier siècle, et qu’il n’y a ny auditoire ny prison ny fours ny moulins ny autres bastimens ny estangz ny bois taillis dans l’estendue de lad(ite) seigneurie  », et que « sur le sommect de lad(ite) montaigne de Ladvieu, nous n’y avons veu que des amas de pierres et des murs esboulés et renversés au milieu d’une grande et spacieuse enceinte de murailles touttes  razées, n’y restant que la moitié de deux tours de lad(ite) enceinte ».  Le curé du lieu déclare aux enquêteurs que le château a été démoli sur ordre du roi Henri IV et du gouverneur de la province du Forez, le château servant alors de repaire aux diverses bandes armées, catholiques ou protestantes.

· 11 juin 1842 : au lendemain de la révolution la châtellenie fut divisée et répartie sur les communes avoisinantes. Après maintes querelles, les nouvelles limites de la commune de Lavieu furent fixées le 11 juin 1842.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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