Le village est établi à peu près au centre du canton dont il est le chef-lieu, à la croisée des départementales 4 et 5. Il s’étire à flanc de montagne, le long d’une voie principale qui le traverse approximativement du nord au sud. Le relief et le paysage de la commune est essentiellement montagneux. Les Grands Deveys, point culminant, domine le territoire du haut de ses 1 203 mètres. La partie ouest de la commune possède une couverture boisée importante où se cachent quelques tourbières. Le paysage est marqué par des émergences basaltiques : le suc de Thinereilles, le suc de la Carrière.

L’histoire de la commune se superpose avec celle de son église citée pour la première fois en 1278.

Mais certaines découvertes permettent de supposer une implantation dès le mésolithique sur le territoire de cette commune. En effet, près du hameau de Tinereilles, de nombreux fragments de silex ont été récemment ramassés, tous datés de cette époque. L’Antiquité est présente également, à Jarenton, (découverte en 1869, d’une sépulture, d’un sabre, d’un poignard) et à Eglézieux, aux Brunelles (tegulae, meule à bras, fragments d’amphores et de céramique sigillée).

 

Plan visite saint jean

Plan du bourg et repérage

1. Tour de la Gabelle

Elle  serait construite avec les pierres provenant du château des Barges (Soleymieux), détruit sous Richelieu (1624-1642). Le canton de Saint-Jean-Soleymieux était propice au trafic de sel, entre l’Auvergne, pays sans gabelle, le Forez, pays de moyenne gabelle et le royaume de France, pays de pleine gabelle. Les archives regorgent de procès de trafiquants et de compte-rendu d’enquêtes concernant ce trafic.

Les gabelous, soldats gérant les problèmes relatifs à la gabelle, étaient cantonnés à Gabeloux (Soleymieux), et à Saint-Jean-Soleymieux.

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Tour de la gabelle

2. Maison de Mario Meunier

Le 2 août 1964, une cérémonie se déroulait devant une maison toute simple du bourg, à l'occasion de la pose d'une plaque commémorant la naissance du plus illustre enfant du pays : Mario Meunier, écrivain, helléniste.

Aîné de 8 enfants, il naquit, le 12 décembre 1880, dans cette maison. Son père exerçait le métier de boulanger. Ses maîtres ayant remarqué son intelligence l'envoient à la Maison-Mère des Maristes, à la Valla, près de Saint-Chamond, puis, de là, à la Trappe d’Aiguebelle, enfin auprès des Bénédictins de Marseille où il acquit une connaissance parfaite du grec ancien.

De 1912 à 1914, Mario Meunier fut, à Paris, le secrétaire du sculpteur Rodin (il l’aida dans la rédaction de son livre Les cathédrales de France). Dès lors, ses œuvres vont se succéder, traducteur de Platon, de Sophocle, de Sappho, de Nonnos, d'Euripide, de Pythagore, d'Hiéroclès, de Proclus, il rend aux textes anciens une jeunesse éternelle. En 1921, il offre au grand public une esthétique lyrique de la vie intitulée : Pour s'asseoir au foyer de la maison des dieux. En 1924, l'Académie couronne sa traduction d'Isis et d'Osiris de Plutarque ; en 1925, celle des Vers d'Or de Pythagore.

Mario Meunier  effectua de nombreux séjours dans son pays natal. Il passa les dernières années de sa vie en pays roannais (Crozet) où il décéda le 5 août 1960.

A ses obsèques, auxquelles assistaient de nombreuses personnalités du monde des lettres, l'amitié du peuple hellène fut manifestée par M. Commadopoulos, attaché d'ambassade, qui déposa sur le cercueil les insignes de Grand Officier de l'Ordre du Phénix. M. Mario Meunier, commandeur de la Légion d'Honneur, était déjà officier de l'Ordre du Sauveur de Grèce. Il avait reçu, en 1931, le grand prix de la Société des Gens de lettres de France.

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Maison de Mario Meunier

3. Eglise

Citée en 1278, sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, elle a été considérablement agrandie au XV° siècle. Elle est bâtie sur une pente assez rapide et en contrebas de sa façade. Elle se compose d’un chevet moderne reconstruit vers 1840 en pseudo-gothique. La travée du chœur a conservé de l’époque romane les impostes à peu près contemporaines de la crypte. La nef majeure également romane, bien que comportant des doubleaux en ogive, paraît être du XIII° siècle. Elle se compose de deux travées décorées d’ornements en dents de scie et tenant lieu de chapiteaux. Tous autres détails architecturaux rappelant la construction primitive ayant disparu lors de l’adjonction du XV° siècle des deux collatéraux actuels, qui s’harmonisent assez bien avec la nef principale. La travée du clocher est de style gothique comme ce dernier. La nef latérale sud a été élargie vers 1840.

Le portail, en granit, est un bel élément d’architecture gothique. Un important clocher de forme barlongue et à toiture plate le surmonte. Un oculus quadrilobe domine le portail. Détail curieux, les baies de l’étage supérieur sont à plein cintre. Le portail est orné, dans une de ses voussures, du blason des Lothons, seigneurs du Rousset, seigneurie proche du bourg de Saint-Jean-Soleymieux.

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Eglise, façade principale

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Pilier soutenant la table d'autel

4. Crypte Notre-Dame-sous-Terre

La crypte, unique par son originalité, peut remonter à la fin du XI° siècle, bien que plusieurs auteurs lui assignent le XII° siècle. L’abside est semi-circulaire. Les dimensions sont assez exiguës. Les voûtes basses d’arête reposent au centre sur quatre colonnes qui déterminent ainsi trois nefs et trois travées. Des chapiteaux antiques soutiennent une voûte enluminée par des peintures réalisées en 1905.

Dans la crypte, les gens venaient y vénérer une vierge noire, symbolisant le culte de l’eau chez les Celtes. La première semaine de septembre, la statue était portée en procession. Le christianisme, ne voulant pas heurter de front des croyances indéracinables, se borna à les sanctifier en plaçant, dans les lieux témoins de ces rites singuliers, des symboles du nouveau dogme. Dans cette crypte énergisante coule une source réputée pour soigner les fièvres sévissant en plaine. En effet, même si son débit est irrégulier, elle représente l’essence même de la crypte. Sans cette source la crypte de Notre-Dame-des-Fièvres(autre nom) n’aurait, peut-être, pas existé. Le culte de l’eau, au travers des sources et puits, primordial chez les Celtes, était souvent placé sous la protection de la Déesse-mère. Les chapiteaux antiques et la vénération d’une vierge noire jusqu’à la révolution confirment l’origine païenne du lieu.

L’église paroissiale est dédiée à Saint Jean-Baptiste, saint protecteur de l’eau : sources, puits, fonds baptismaux. La fondation, l’histoire de l’église et de la crypte sont centrées sur l’existence même de cette source.

Les habitants de la plaine, atteints de «fièvre jaune »(malaria) venaient boire et passer une nuit en prières dans la crypte pour obtenir une guérison et jeter quelques piécettes dans le bassin.

La voie Bolène venant de Soleymieux rejoignait la Cruzille. Les pèlerins en partance pour Saint-Jacques de Compostelle faisaient, sûrement, un détour pour se recueillir dans la crypte. Les épidémies ont heureusement disparues, mais la fréquentation de ce lieu saint reste toujours très important.

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Crypte Notre-Dame-sous-Terre

5. Pigeonnier du bourg

Situé sur une ancienne propriété bourgeoise, ce pigeonnier semble antérieur au XIX° siècle. Recherchés pour leur précieuse fiente, utilisée comme engrais, les pigeons firent très tôt l’objet d’un élevage intensif. Sous l’ancien régime, le droit de construire un pigeonnier était un privilège seigneurial abolit en 1789. Au XIX° siècle, ces constructions vont devenir un élément courant du paysage.

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Pigeonnier

 

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