Les moulins de Gumières

 

Un peu d'histoire

Le bourg

L’histoire de Gumières commence au XIème siècle. La première mention est issue de la copie du XVIème siècle du Cartulaire de Savigny datant du XIème siècle : « Eclesia prioratus de Gomeris ».  Si l’on se réfère à E. Dufour, le prieuré de Gumières aurait été fondé à la suite d'une donation faite par Amblard, archevêque de Lyon, à l'abbaye de Cluny, le 9 août 978. La retranscription des Chartes de Cluny ne fait pas apparaître le nom de Gumières (Gomeriis ou Gumeres) de façon très explicite. Dans les deux textes, la première édition et celle de M. Baluze, sont cités respectivement deux noms pouvant prêter à confusion mais inhabituels pour désigner le village : Gevretam et Geuretam. Faut-il voir une erreur de transcription ou une mauvaise interprétation ? Dans ces documents, il est stipulé qu’Amblard donne des biens, situés en Auvergne et en Montbrisonnais à l’abbaye de Cluny afin de construire Saint-Pierre de Ris, près de Thiers. Le second texte qui permet de placer le prieuré de Gumières sous la dépendance de Cluny est plus tardif et date de 1291. Ce n’est qu’en 1326 qu’il est désigné comme étant placé sous la prédominance de l’abbaye de Ris. Malgré cette incertitude, le bourg doit son origine ou plus certainement son développement, aux moines bénédictins. Enrichi par les dons des comtes de Forez, le prieuré acquit bientôt une certaine importance. Guy IV contribua à l'accroissement de ses richesses et ne l'oublia pas dans son testament lorsqu’il testa en 1239. Il fonda, dans l'église du prieuré, un service anniversaire pour le repos de son âme.

Situé non loin des chemins de pèlerinages pour Saint-Jacques de Compostelle, le bourg ne se développa, toutefois, pas autant que les communes voisines. Le 14 février 1410, Anne Dauphine, duchesse de Bourbonnais, comtesse de Forez, fait donation au prieuré de Gumières d'un hôtel. Par ce texte on apprend l'existence d'un château, d'un donjon et d'une porte. Plus rien n'est apparent aujourd'hui, hormis l'hôtel d'Anne de Bourbon.

Les moulins dans les textes

En 1394, l’Aujon faisait déjà tourner un moulin sous le bourg de Gumières : ... Mathieu Martin pour les mures et jardin près de la route de l’église à son moulin ; …la route allant de claustro apud molendinum Mathei Martini (Terrier de Lavieu 1394-1395)

1513-1516 : Pâquier appelé l’Ort du Molëm Girard jouxtant la rivière d’Ojon de vent, et jouxtant le moulin Girard de soir et le chemin de Gumières au moulin de nordAu Pont du moulin de Johanis Merlin jouxtant la rivière d’Ojon de vent et le chemin de Gumières à Puzoulx de soir et de nordAu Suc Boyron jouxtant l’eau d’Ojon de nord sur le moulin appelé le Moulin du Pont sous Gumières jouxtant le chemin de Gumières à Pusolz de matin et jouxtant l’eau d’Ojon de vent et traverse ; …le chemin qui tend de Gumières au moulin du jouxtant le grand chemin qui vient de Puzols ; A la Claudisse, près du chemin tendant de Murcent au moulin de Simon Chauve du Besset, de vent Maison de Murcent jouxtant le chemin de Gumières à Murcent de vent et soir et jouxte la commune de Murcent de matin et jouxte le chemin de Murcent au moulin de Simon Chauve du Besset de matin. (Terrier Regnault du prieuré de Gumières, 1513-1516)

26 aoùt 1720 : transaction entre Michel Réal de Gumières et Jacques Béalem, meunier de Gumières. (Notaire Dubost, archives Maître Gleze, Diana)

 Rivières et moulins

 Le territoire de la commune, principalement occupé par des bois, s’étage de 1197m à 743m. Une impression de verticalité se dégage du paysage de Gumières lorsque vous l’admirer du belvédère de la Mure. En effet, aucun vallon, aucune douceur mais de profondes ravines, des parois abruptes caractérisent ce territoire encore sauvage et fascinant. Le bourg est installé sur un promontoire rocheux dominant la vallée de la Mare.

Sur les berges de la Mare, on a dénombré 17 moulins ayant abrité 21 ateliers : 9 meules à farine, 6 pressoirs, 4 mailleries, 2 scieries (n°1 à 17). Le ruisseau de Prolanges aurait fait tourner deux moulins (n°18-19), si l’on se base sur la toponymie (pré de la scie; pré du Moulin) et aux vestiges (barrage de pierre sur un bief ainsi d’une retenue d’eau). L’existence d’un moulin sur le ruisseau de Gonsot (n°20) est confirmé par un vestige de levée et par la tradition locale.

 

Moulin gumieres   Les moulins de Gumières

 

Moulin du Carogne-moulin à farine 1

Avant le hameau de la Sauvetat, un chemin descend vers l'Auzon, qu'il traverse par une passerelle en pierre. Un béal prend naissance avant la rivière et la suit jusqu'au moulin. Sur les textes en notre possession, le moulin n'apparaît pas. De 1813 à 1906, section A de Rochigneux, les parcelles appartiennent à la famille Bayle et sont des prés. Les habitants de Gumières se souviennent qu'en 1950 les meules furent enlevées par le propriétaire Claude Bayle, surnommé le Carogne. De cette famille, il ne restait, en 1999, qu'une fille âgée de 95 ans habitant Boisset-Saint-Priest.

Moulin du Curtil-Moulin à farine 2 et 3

Situé au bout de la route, le moulin, transformé en maison d'habitation, est laissé à l'abandon. En aval, l'Auzon redevient sauvage, des gorges profondes entaillent la montagne. De vieilles meules de pierre, comme emportées par une violente crue, se sont réfugiées dans le lit abrupt de la rivière. En 1813, au lieu-dit Dernier, la parcelle n°234, section A de Rochigneux, abritait le moulin de Bayle Mathieu, d'un revenu de 12 frs. En 1850, Phalipon André, agrandit le moulin. Les travaux seront terminés en 1851. En 1854, Phalipon André ajouta une construction nouvelle au moulin sur la parcelle n°236. En 1876, Teyssat Pierre et Benoit, nouveaux propriétaires du lieu, détruisirent le vieux moulin sur la parcelle n°234. Les meules de pierre, dans le cours d'eau, sont-elles les seuls vestiges de l'ancien moulin ? De 1888 à 1999, la famille Phalipon en était propriétaire.

Moulin curtil2

 

Moulins Damon-Moulin à farine-pressoir : 4 et 5

Du hameau de la Mure, un chemin descend à pic sur l'Auzon. Avant la passerelle, en amont, un sentier longe la rivière et permet l'accès aux ruines des deux moulins. Dans le moulin, au bord de l'eau, on devine encore la chambre arrondie de meunerie. Le béal débute 200m en amont, environ. En 1843, Damon Mathieu déclarait une construction de deux moulins, section B du Montet sur la parcelle n°391. En 1868, les moulins sont déclarés en ruine.

Moulin Morisset-Moulin à farine-scierie : 6

En continuant le précédent chemin, et en empruntant la passerelle, on arrive au moulin surnommé La villa du Bout du Monde. En aval de la passerelle, une jetée retient l'eau pour le béal qui suit la rivière. Aujourd'hui le moulin est transformé en maison d'habitation. De 1813 à 1934, la famille Morisset possède sur la parcelle n°376, section B du Montet, aux Pâtureaux, un moulin de 30 frs. de revenu. En1934, Damon Jean-Marie, nouveau propriétaire, transforma le moulin à grains en scierie. Son fils en 1946 et Rey Jacques, époux de sa petite-fille, en 1953, prirent la relève.

Moulin morisset

 
Moulins Thiollier-Moulin à farine-maillerie-pressoir-scierie : 7 et 8

Dominés par le bourg médiéval de Gumières, les deux moulins, transformés en maison d'habitation et en scierie, sont nichés sur un versant de la montagne. En suivant le chemin qui débute en contrebas de la route, on découvre le gigantesque bâtiment dressant ses lamentables pans de briques, vestiges d'un passé plus glorieux. Un mur éventré laisse voir l'immense turbine. En 1813, section A de Rochigneux, au lieux-dit Les Farges, sur la même parcelle n°956 il y avait un moulin d'un revenu de 30 frs. et une maillerie d'un revenu de 3frs. Les deux moulins appartenaient à Thiollier Léonard. Sur le même béal, quelques mêtres en amont, Thiollier Léonard possédait un autre moulin, n°955, d'un revenu de 30frs. Détruite en 1839, la maillerie est rétablie en 1840 par Thiollier Léonard. En 1913, le moulin 956 fut transformé en scierie par Gauchet Claudius, nouveau propriétaire. En 1926, il achète le moulin 955. En 1937, la famille Gay en devint propriétaire et en 1960, la turbine cessa de fonctionner.

Moulin thiollier

 

Moulins Basset-Moulin à farine-maillerie-pressoir : 9 et 10

Sous le bourg de Gumières, un chemin descend vers la rivière et nous fait découvrir un décor de crèche. Franchissant l'Auzon par un pont de pierre, le sentier arrive à l'ancien moulin. Il y a quelques mois encore, ce n'était que ruines éparses. Les nouveaux propriétaires ont su les utiliser et créer une maison agréable. Une meule, sauvée de la destruction, attend un avenir tranquille de décoration. En 1813, section C de Prolanges, au lieu-dit Les Sagnes, la parcelle n°9 comprenait un moulin et une maillerie, la parcelle n°10 un moulin. Les trois moulins appartenaient à Basset Jean de Gumières. Le bâtiment n°4, au Fridière, était une masure, appartenant à Baroux Jean Maréchal, alimentée par un béal. Etait-elle un ancien moulin ? Détruit en 1867, le moulin sur la parcelle n°10 est reconstruit en 1868 par Basset Jean, fils. En 1942, il possédait 9 ouvertures et fonctionnait toujours. Claudius et Pierre Louis Moristel l'acquérirent de Gauchet Claudius. En 1869, le bâtiment comprenant la maillerie et le moulin furent détruits. Le propriétaire était, toujours Basset Jean, fils.

Moulin basset1

 

Moulins Rochigneux-Moulin à farine-maillerie-pressoir : 11, 12 et 13

En descendant du Besset, avant la passerelle, s'abritaient trois moulins. Aujourd'hui, il ne reste que les ruines d'un seul bâtiment. En 1813, Rochigneux Michel, de Puziols, possédait, au lieu-dit Du Moulin, section D du Besset, n°540 un moulin au revenu de 12frs, n°541 un autre moulin au revenu de 12 frs et une maillerie n°542 d'un revenu de 3frs. En 1860, les trois moulins fonctionnaient toujours et appartenaient à la même famille.

Moulin Faure-Moulin à farine-pressoir : 14

En suivant le chemin précédent, après la passerelle, du côté Puziols, l'Auzon faisait tourner 2 moulins dans 2 bâtiments installés en cascade. Il ne reste que des ruines cachées par les ronces, connues par les pêcheurs uniquement. La première et unique citation de ces moulins date de 1843. Faure Jean déclarait 2 moulins sur sa parcelle 89.

Moulin cascade gumieres

 

Moulins Bealem-Moulin à farine-maillerie-pressoir : 15, 16 et 17

En suivant le chemin descendant de Champlebout, un décor sauvage, aux arbres plus que centenaires nous surprend. Au bord de la rivière, les ruines de trois moulins sont dissimulées par les ronces et les arbres ayant pris possession des lieux. En 1813, au lieu-dit Moulins, section D du Besset, deux moulins successivement n°564 et 567 d'un revenu de 12 frs, ainsi qu'une maillerie n°565, d'un revenu de 3frs, appartenaient à Béalem Claude. En 1882, les moulins devinrent la propriété de Béalem Jean-Marie, de Murcent.

Moulin bealem 3a

 

Ruisseau de Prolanges 18-19

Des noms de lieux laissent supposer une implantation de moulin (n°654 : pré de la scie ; n°805 et 808 : prés du Moulin) au-dessus du hameau de Prolanges. Un barrage de pierre sur un bief ainsi d’une retenue d’eau, encore existants permettent d’affirmer l’existence de roues horizontales.

Ruisseau de Gonsot 20

En passant sous la scierie actuelle un vestige de levée laisse supposer l’emplacement d’une meule à farine actionnée par une roue horizontale. Le grand-père Joannet de Champlebout en avait parler à son petit-fils, Jean Chaux de Rivoire. (Mémoire locale de Jean Chaux né en 1929)

 

 En savoir plus

Mireille Busseuil : De la meule au moulin, GRAL

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Mireille Busseuil et Jacques Verrier : Carte Archéologique de Gumières in Bulletin du GRAL n°15

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